Bilan artistique 2010 > 2016

J’avais prévenu que c’était le mois des bilans ! Comme une grande inspiration et une mise à plat du passé avant de continuer à avancer.

J’ai commencé à dessiner aux alentours de mes 16 ans, ça fait donc 15 ans que je dessine. Mais mon histoire actuelle, elle a commencée en 2010, avec le diagnostic de la fibromyalgie, et tout ce qui s’est ensuivi. Avant ça, je dessinais sans trop y réfléchir. Bon ok c’est mentir, j’ai toujours été du genre à me prendre la tête sur plein de choses et à trouver que je faisait de la merde, maaais en comparaison honnêtement, c’était carefree.

En 2010 donc, on m’a diagnostiquée la fibromyalgie, après 6 mois d’arrêt maladie et d’incertitudes pour le futur. J’ai bien conscience d’avoir de la chance dans mon malheur. Les cas d’errance médicale durant des années sont légions, et j’ai été diagnostiquée très vite pour une maladie comme celle-la (Même si le diagnostique a été fait du bout des lèvres et à contre cœur, un « bon, vous avez peut-être une petite fibromyalgie » qui contribue encore aujourd’hui à mon incertitude et à mon sentiment d’imposture. ) A partir de la, j’ai du me reconvertir et passer du milieu paramédical (aide-soignante en réanimation médicale, métier que j’adorais et dans lequel je me voyais bien évoluer) au milieu informatique. Aujourd’hui, tout le monde me dit que « ça me va bien l’informatique », mais ces 2 ans passées à travailler en réanimation médicale ont été importantes pour moi, elles font partie de mon vécu et de ma construction.

Sans surprise, ce genre de chose ébranle tout. Il m’était plus difficile de dessiner, à cause de la douleur, j’étais aussi plus fatiguée et avait donc moins de temps possible pour dessiner. Et à cause de la douleur et des problèmes engendrées par celle-ci, c’est aussi mon imaginaire qui s’est terni. Difficile de rêvasser et de s’oublier quand le corps se rappelle à soi par la douleur à chaque instant. L’un dans l’autre, ça a été difficile, et c’est alors qu’à commencé une longue période d’art bloc. Moi qui m’étais toujours rengorgée de ne pas connaitre ça et d’avoir toujours des idées plein la tête, j’ai appris.

Cette période a durée longtemps, mais c’est difficile de donner des dates précises. En plus de ces difficultés physiques et mentales à dessiner, j’ai commencée à être perdue dans ce que je faisais et ce que j’aimais. Le temps passait, mes gouts et mes envies évoluaient, et je ne savais plus trop ce que je voulait dessiner. Ma  conscience féministe s’est amplement raffermie, et je me suis retrouvée en conflit avec moi-même.

D’une part, j’embrassais la cause féministe (et par la suite ait pris conscience de notions telles que racisme intégré, validisme etc). Mais d’autre part, je dessinait des histoires peuplés de mecs ou les personnages féminins étaient rares. Dans le même ordre d’idée, j’étais mal à l’aise avec moi-même, avec mon imaginaire et mes fantasmes bien souvent basés sur des personnages manipulés et dominés.

C’était d’autant plus énervant que j’avais commencé à dessiner en créant des personnages féminins, comme Kineko l’âme errante. Pourquoi j’avais perdu ça ?

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Kineko, héroïne du projet éponyme

Je me souviens avoir repris un scenario en attente que j’aimais bien et avoir cherché à changer les personnages masculins et féminins, et je n’aimais plus mon histoire. Et je m’en voulait de ne plus aimer mon histoire. La moindre idée, la moindre tentative créative, se retrouvait aussitôt réduite en pièce par une pensée auto-critique sur le manque de diversité de mes personnages. Pas assez de personnages féminins, racisés, etc.

J’écris ça aujourd’hui, après avoir eut envie d’en parler pendant des années sans oser, de peur de me faire rabrouer : « Oh, pauvre meuf blanche qui se plaint de difficultés créatives parce qu’elle est pas capable de créer des personnages diversifiés houin houin ! ».  Aujourd’hui, je ne cherche pas spécialement à me faire plaindre, mais plutôt à partager le chemin qui fut le mien. Je n’ai pas totalement résolu ce problème intérieur avec moi-même. Je suis moins prompte à me vilipender. J’ai progressivement commencé à dessiner des personnages féminins et maintenant, c’est dessiner des mecs qui me parait étrange (d’autant plus que je les dessine direct en mode beau gosse, ce qui tranche avec mon style et mon univers tel qu’il se présente aujourd’hui). Mon évolution graphique et mon inspiration se sont modulées sur le rythme de ma perception du genre féminin. Jusque lors, une fille c’était « chiant et niais » pour résumer ma pensée. Je devais beaucoup me forcer pour créer un personnage féminin, en BD ou en RP. Si je le faisait, c’était forcement un personnage très brut et « garçon manqué ». D’ailleurs, l’un des très rares perso féminins que j’ai créé dans ma ribambelles de personnages de rôle play (3 sur une 50ene dont une petite fille fantôme) c’était Sadako, que j’ai recyclé quand j’ai crée V.H.S. Pour dire.

Avec le féminisme, j’ai aussi découvert la notion de genre, et cette division graphique entre mecs et filles me fait m’infliger le même genre d’auto-critique que par le passé : « C’est trop cliché, c’est trop mec mec, ou sont les personnages non-binaires » etc. Le pire étant que je suis probablement ce qu’on peut considérer de gender neutral ou gender fluide.

Aujourd’hui, j’arrive à créer des personnages féminins que j’apprécie et embrasse pleinement sans ressentir le besoin de créer un personnage masculin que je transformais ensuite en fille. Un personnage que j’adore dessiner en ce moment (et elle a toujours pas de nom, la pauvre), c’est cette sukeban au sourire torve qui traine avec des yokais :

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T’aura un nom un jour, promis !

Revenons en à mes soucis créatifs de la période 2010 > 2012. En parallèle avec tout ça, j’avais aussi des soucis très classiques de dessineux, comme celui de repousser encore et encore un projet de bd jusqu’à ce qu’il devienne trop vieux et trop vu et revu pour que je puisse prendre plaisir à le réaliser (coucou Enosh). Avec le recul, je regrette de ne pas avoir continué à explorer l’univers de V.H.S quand j’ai fini le 2eme fanzine. A ce moment la j’avais un univers, un public, mais j’ai justement voulu passer à autre chose pour ne pas m’enfermer dedans.Quand j’eut fini de dessiner A bout de bras en 2011, je ne savais plus quoi faire après.

Mentalement, c’était très dur. Depuis mon enfance, les idées avaient toujours naquit de manière spontanées dans ma tête. Quand je me suis mise à dessiner, j’avais toujours des idées de dessin, des envie, des choses à explorer. J’avais « des taches de couleurs dans ma tête ». Durant toute cette période, il n’y avait plus rien. Plus de taches de couleurs. Plus d’idées, plus d’inspiration. Je me forçait à dessiner, j’essayais d’y prendre plaisir (peut-être que j’y arrivait, par fragment) mais je n’arrivais plus à prendre mon pied comme avant. Parce que la maladie m’en empêchait, parce que mon quotidien était bouleversé. Durant cette période, j’ai essayé de me raccrocher à mon coté otaku en fréquentant un forum de passionné (Thalie) et en ouvrant un blog pour parler anime et jeux que j’engloutissais. Ça aidait un peu.

En 2012, j’ai eut une chouette poussée créative autour du jeu .Flow, suivi d’une autre sur le jeu Ib : J’ai fait pas mal de fanarts, j’ai eut la sensation d’être relancée dans le dessin, je prenais vraiment plaisir à faire des croquis. Et juste après ça, en novembre 2012 très précisément, j’ai découvert la série Supernatural. La passion et l’engouement ressenti pour cette série a été un déclencheur qui m’a vraiment redonné le gout de dessiner – cf les nombreux fanarts et fancomics sur le sujet. J’ai commencé avec des sketchs, puis des planches de bds, puis des illustrations… (Et je suis partie de « je shippe vaguement Castiel et Dean mais platoniquement » à « Je shippe volontier le winchester et j’aime les threesomes avec Castiel » mais ceci est une autre histoire |D .Beaucoup de fanfics Hurt!Sam avalées, beaucoup). Mon summary of art de 2013 montre bien l’état d’esprit dans lequel j’étais. C’était une période vraiment cool ou j’ai vraiment recommencé à dessiner avec plaisir. En plus de cela, dessiner du fanart apportais beaucoup de retours sur tumblr, avec la sensation de vraiment faire partie du fandom, comme par exemple quand j’ai lancé le projet « Little wandering Castiel ».

Ma « folie » Supernatural a durée 2 ans environ. 2 ans durant lesquels j’ai été remontée à bloc et motiver à dessiner encore et toujours. Fin 2013, alors que mon engouement pour Supernatural s’éteignait doucement avec le déclin de la série, j’ai commencé à regarder avec nostalgie mon passé créatif. J’étais devenue « une fanartiste », moi qui par le passé ne faisait que rarement de fanarts, ou alors au coup par coup, en hommage à une œuvre qui m’aura marquée, mais jamais encore je n’avait autant fait miens les personnages d’une œuvre existante. J’avais envie de recommencer à dessiner des choses personnelles, et j’avais soudainement l’impression de ne plus savoir ce que je voulais dessiner. Ma période Supernatural avait été assez intense, et je me sentait comme vidée. Joint à cela les soucis évoqués plus haut : Les problèmes de santé (temps limitée, douleurs en dessinant qui empêche de se plonger dedans), les soucis d’auto-censure et la volonté d’appliquer mes valeurs dans ce que je créerais.

C’est en mai 2013 que j’ai officiellement fermé mon blog Hyakki Yako, qui avait progressivement perdu son énergie et ne pouvait guère affronter tumblr niveau retours durant ma période Supernatural. A noter qu’en Janvier 2013 j’y avait fait une sorte de coming out sur mon orientation sexuelle, chose qui allait de paire avec mon conscience féministe et globalement mon affirmation de ma différence. Avec le recul, j’ai bien l’impression que toutes ces évolutions personnelles ont jouées un rôle dans mes problèmes créatifs.

Les 3 années qui ont suivi, je me suis cherchée, remise en question, et j’ai aussi eut pas mal de problèmes familiaux (Décès etc…). Je crois que ce qui me bloquait, entre autre, c’est que j’étais nostalgique et envieuse de qui j’avais été avant (la maladie). Je cherchais à redevenir cette personne alors que c’était impossible.

En 2014, j’ai passé la moitié de l’année à continuer et terminer mon fancomic Supernatural « After they fall », qui s’est fini en Mai. C’est aussi cette année la que j’ai fait un strip sur la fibromyalgie pour en parler plus ouvertement. J’ai participé pour la 1ere fois aux 12h de la bd, ce qui m’a fait créer la bd « le manège » dont j’étais très contente. J’ai aussi commencé à réfléchir plus sérieusement à un projet de bd contemporaine dont les personnages m’étaient apparus (Viva Happy). J’ai essayé de sketcher les personnages, de préparer le scénario… J’ai commencé à sketcher Miss Lizette et mon fleuriste. Et en octobre, 1ere participation à inktober qui m’a beaucoup plut et stimulée. C’est sur l’année scolaire 2013 – 2014 que je me suis lancée aux cours de nus des beau art de Paris avec Christine Chansom, et début 2014 – 2015 j’ai put rejoindre le cours de Thomas Wience (que je visais initialement). Une sorte de libération de m’être plongée dans cet univers la et de m’y sentir légitime. C’est aussi cette année que je suis tombée dans le monde des agenda et des journaux illustrés type hobonichi. J’ai passé beaucoup de temps à chercher du réconfort dans ce monde la, ainsi qu’à lire des articles d’organisation du temps et de la maison. Je sais pas pourquoi, ça me faisait me sentir bien. Vers la fin de l’année, j’ai commencé à travailler sérieusement sur la bd « I hate my leg » qui devait signer mon retour dans le monde des auteurs amateurs de bd.

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Mon fleuriste sans nom

2015 fut difficile. J’ai fini de passer le permis, j’ai géré mon déménagement et une mise en dispo hasardeuse, j’ai subit de lourdes pressions au taff, je me suis lancée dans l’inconnu,et gros soucis familiaux…

J’ai échouée aux 12h de la bd, mais j’ai quand même finie cette bd en avril (la main verte). J’ai passé un an à bosser sur 9 planches parce que je me mettais une pression de dingue sur cet one shot (I hate my leg) à cause du thème très personnel entre autres. J’ai essayé de finaliser le scénario de Viva Happy mais j’ai eut de gros blocages dessus (majoritairement autour de mon personnage Simon pour lequel je voulais parler de différences culturelles etc et avait peur de blesser des gens / faire des erreurs).

Je me suis forcée à dessiner mais n’ait été que peu productive. J’ai eut la chance d’assister aux cours de Thomas Wienc cette année la, mais j’ai raté plus d’un tiers des cours à cause des soirs ou j’avais trop mal pour y aller, et j’étais très frustrée de cette situation. Je me suis offerte un hobonichi cousin en milieu d’année pour me créer un endroit ou me ressourcer, ou j’essayai de dessiner en lâchant prise sur moi-même et mon auto critique.

Et finalement 2016… Comme c’est tout récent difficile d’avoir du recul. L’année à été difficile encore une fois, dans la continuité des problèmes que j’ai rencontré en 2015 avec beaucoup de soucis familiaux. Mais les choses se sont améliorées au fur et à mesure que l’année passait et tous les problèmes auxquels j’ai été confrontés ont finalement été résolus avec beaucoup d’obstination et le soutien de mes proches. Je n’ai pas suffisamment dessiné à mon gout mais j’ai découvert des choses comme l’acrylique pour peindre de manière semi-réaliste des animaux et j’ai pris gout à dessiner sur différents support comme des ronds de bois. J’ai essayé de m’inscrire à un cours de dessin de Septembre à Décembre avec Ed eeeeet c’est vite devenu une corvée, on aura appris que les cours de dessin généraux / débutants c’est pas pour nous ^^ » Et j’ai surtout consacré beaucoup de temps à faire des vidéos avec Ed encore une fois.

Et nous voila arrivés en 2017… La maladie me bouffe toujours autant de temps, le soir après le travail j’ai rarement l’énergie mentale et/ou physique de dessiner, une fois le week-end arrivé j’ai bien souvent besoin de dormir jusqu’à 11h du matin pour récupérer de ma fatigue de la semaine et de faire une sieste dans l’aprem pour compléter, et il me reste alors peu de temps pour faire tout ce que je souhaiterais faire (sans compter les choses bêtement matérielles comme le rangement et le ménage… ). Je suis toujours frustrée de tout ce temps volé, et j’ai du mal à admettre que mon temps soit aussi limité. Je passe mes journées de boulot à caresser des envies et des projets que je n’ai presque jamais la force de réaliser une fois rentrée.

Mais avec le temps, j’apprends à gérer et surtout à supporter cette situation. J’ai aussi finalement compris qu’il fallait que je cesse d’essayer de « redevenir celle que j’ai été » car ça n’avait pas de sens. Car cette personne que j’ai été, elle ne cherchait à ressembler à personne. Elle cherchait à avancer, à innover à son niveau, en se faisant plaisir. Si je veux lui ressembler, c’est ça que je dois garder en ligne de mire. Sur le plan idéologique, je suis un peu plus en paix avec moi-même. J’apprends à prendre de la distance avec le militantisme culpabilisant et à simplement déconnecter et faire ce qui me plait comme je le sens.

Ça me fait bizarre de le dire, mais j’ai aussi passée la 30ene, avec la fameuse remise en question qui arrive à ce moment la. Plusieurs fois, j’ai lu des textes disant qu’il n’y avait pas d’age pour commencer quelque chose et qu’on était pas forcement accompli à 25 ans. Ce genre de texte – avec les exemples cités – m’ont fait beaucoup de bien. Je peux toujours commencer des nouvelles choses, je peux toujours apprendre des choses totalement inédites, même quand j’aurais 80 ans. Cette année, j’ai bien appris des tas de chose sur l’univers de la vidéo – Mise en scène, éclairage, acting, montage vidéo etc etc – sur lequel je ne connaissait rien il y a un an ! En 2015 je me suis mise à sérieusement étudier les yokais et le folklore japonais, parce qu’il n’était pas trop tard pour m’y mettre sérieusement et désormais sans connaitre sur le bout des doigts je suis assez renseignée sur le sujet (ou sais ou chercher l’info). Il n’est jamais trop tard pour commencer quoi que ce soit.

Je me souviens aussi que regarder à l’horizon la masse de travail que j’ai devant moi pour le moindre projet ne fait que me tétaniser de peur et ne m’avance à rien. Plutôt que de considérer mon sketchbook vide comme un tout, je sais que je dois prendre une page après l’autre, un dessin après l’autre. Que quand un artiste partage le contenu de son sketchbook, il ne l’a pas rempli d’une traite en pensant à tout ce qu’il allait dessiner dedans. Il a fait les dessins les uns après les autres. Qu’on commence tous en bas de l’échelle et que l’on a chacun notre rythme.

Je suis motivée à évoluer et motivée à créer. Pas grave si mon esprit ne fourmille pas d’idées. Je n’en ait besoin que d’une, parce que je ne peux faire qu’une chose à la fois. Une idée en entraine une autre, un dessin en entraine un autre, tel un engrenage. Et si vraiment ça ne vient pas,c’est pas grave. Il suffit de passer à autre chose, et le dessin reviendra de lui-même.

Gérer les envies multiples et les limites de ma santé reste un challenge, mais c’est pas comme si j’avais vraiment le choix.

En bref, beaucoup de chemin parcouru, et beaucoup de projets en 2017.

Les objectifs de cette année niveau dessin :

  • Réaliser une illustr « complète » en couleur par mois (idéalement 2 mais c’est difficile)
  • Réaliser un one shot bd (en cours de fignolage des designs des perso )
  • Dessiner au moins un sketch complet par semaine dans mon carnet
  • (peut-être) Ouvrir une boutique tictail pour vendre quelques trucs (des « œuvres » uniques ou des trucs imprimés genre fanzines et cartes… En fait ce qui me fait peur c’est la gestion derrière)

On y croit !

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5 réflexions sur “Bilan artistique 2010 > 2016

  1. Neji_Olivia dit :

    C’est difficile de commenter je trouve. Principalement parce que c’est un bilan assez personnel.

    Quoiqu’il en soit, c’est intéressant pour moi. D’un parce que comme on se connait depuis longtemps, toutes ces périodes dont tu parles je m’en rappelle et ça permet de comprendre un peu mieux certains moments. De deux, parce que même si pour des raisons différentes, je me reconnais pas mal dans beaucoup de ce que tu dis. (Devoir se rappeler que le moi d’avant qui dessinait tout le temps n’est plus, et que le moi de maintenant a une approche différente du dessin).

    tout ça me fait pas mal me poser de question sur mon propre bilan donc c’est pas mal… dessiner me manque, mais pour le moment ce n’est qu’après un concert que je suis suffisamment dopée pour arriver à sauter le pas.

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    • Plumy dit :

      Merci d’avoir commenté ♥

      Quelque part je me dit que ce recul qu’on peut avoir sur notre pratique du dessin, et cette nostalgie que l’on peut avoir du « moi d’avant » c’est peut-être le signe qu’on a vieillit, qu’on a murit. Dans notre adolescence / période de jeune adulte on dessinait « comme si demain n’existait pas » sans forcement réfléchir au « après », de manière un peu plus insouciante peut-être ? Avec peut-être (c’était le cas pour moi) en ligne de mire la vision rêveuse d’être éditée quelque part ou me professionnaliser… Tout ça a disparu. Plus toutes les remises en questions évoquées dans ce post… Dessiner en soi est une démarche de doute et de remise en question, on dessine rarement sans réfléchir à faire différemment et/ou mieux. Mais à partir d’un certain age / certain degrés de maturité ça prend peut-être une autre saveur ?

      En tous cas si juste ma réflexion sur « le moi d’avant n’existe plus » t’aide à avancer alors je suis contente. Et j’espère que tu arrivera à conjuguer ta passion des concerts et du dessin pour t’épanouir et te faire plaisir.

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  2. Edward dit :

    eh bien, eh bien… que de choses en 6 années, ça me fait bizarre à lire parce que ta vie est très proche de la mienne dans le sens où j’ai vécu les moments que tu décris en te côtoyant, et j’avais pas l’impression qu’il s’était passé tout ça en seulement 6 ans ^^ »
    Mais si, plein plein de choses pas évidentes que tu as affronté comme tu as pu. Des moments qui ont dû te paraitre des échecs parfois, mais qui ont contribué à construire la victoire suivante. Tu t’es bien battue dans ta construction personnelle, et chacune de ses petites victoires, tu les as bien mérité. Notamment dans cette notion d’avoir fini par accepter de ne plus essayer de redevenir celle que tu étais. C’est une des choses les plus dures à accepter dans une vie, à mon avis, alors si tu es dans la bonne voie, c’est vraiment bien.
    En tout cas, même si tu es moins productive qu’à une époque, j’aime toujours autant découvrir tes créations, année après année, ton univers s’enrichit et me donne toujours le sourire, en grande partie grâce à tes personnages, et d’autant plus maintenant qu’ils sont féminins et variés ❤

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  3. milsatis dit :

    (desole ca va manquer d’accents)

    cest marrant jai plusieurs fils de reflexion en commun avec la tienne.
    conscience feministe, jen parle souvent irl, j’agis en fonction, des milliers de scenes dans ma vie ou je dois serrer les doigts sur mon outil et dire « non mais en fait fous moi la paix » (etre bricoleuse en compagnie de males sans conscience de leur statut de dominant cest fatiguant. mais en general mes potes proches sont aussi conscients que moi de tout ca et me font pas chier, on est ensemble dans la grande deconstruction de schemas sociaux regis par le genre. Sauf quen collectif beh, cest le principe, ya pas QUE mes potes proches).
    bon sauf que tout ca ressort peu dans mes histoires – pour le peu que jarrive a ecrire ou dessiner. Personnages masculins principalement, alors meme que je rage en lisant de supers bouquins de sf ou la femelle est de lordre du figurant (dernier livre de ouf malade qui mas redonne de la mana pour ecrire, « la zone du dehors » de alain damasio, sf de 90, trop genial, excepte, cet unique personnage feminin qui na dautre role que de faire bander et tremblotter demotion le heros).

    la derniere histoire que jai ecrit (lan dernier, 25 pages), en repensant le scenar pour remanier lhistoire je realise la faiblesse de mon personnage feminin. Ya trois protagonistes, Abdel Dupont le flic et Sam le technicien sont des « salauds sans le faire expres », Abdel conduit le camion des CRS et vit hors de la realite des interventions violentes de ses collegues, il y participe donc sans jamais la voir… sam bosse pour la video surveillance et participe aussi, pourtant il fait ca uniquement parce que cest un autiste qui as trouve un boulot planque. Et puis Paulette, bah… victime, expulse dun camp illegal, abdel lui evite de se faire violer par ses collegues, elle se retrouve en centre de retention. Alors oui elle est forte, vive, participe a lemeute dans le centre et senfuit, mais son role dans lhistoire reste celui dune victime. Et dune gentille. (du coup dans le remaniage de lhistoire je limagine maintenant « petite connasse », vol a la tir, menteuse…).
    ca ma emmerde de realiser tout ca a la relecture et jaurais eu du mal a le verbaliser a dautres gens, a vrai dire

    autre chose, les taches de couleurs dans la tete ou « inspiration » ; moi aussi elle me vient moins ; en partie parce que jen ai moins besoin. Dans le quotidien moribond de notre enfance, creer des histoires cetait un echappatoire concret et essentiel, une maniere de vivre des trucs cools. Maintenant que je suis libre de choisir ou et comment je vis, ca ne mest plus necessaire. Pourtant jen ai envie… je me dis que ca vaut le coup… et puis la realite me rattrape, non aujourdhui je ne vais pas passer la journee a autister, faut que jaille faire la recupe du marche, ou que je repare mon moteur, ou construire un truc, aider les copains a ranger/nettoyer la salle pour levenement de ce soir (projection, expo, ou autres), ettc, quand je me pose je suis avec des amis, on boit une biere, mon besoin dexpression creative je le realise plutot en faisant de la musique. Je suis devenu un etre SOCIAL.
    et je ne sais pas comment faire co-exister cet etat et la creation. Depuis cet ete je fais des chansons, je devellope le rap science-fiction (si, si), une maniere de raconter des choses. Peut etre que lecriture pur et dur cest plus mon truc? pourtant je peux pas me resoudre a me voir comme « non ecrivain ».

    face a toutes ces problematiques je suis parti en vacances de vie reelle chez un pote tres autiste, et on travaille sur le scenario du film quon va faire. Lui ne manque jamais dinspiration je crois… mais de rigueur si, beaucoup, je dirais meme quil a la tete comme une passoire XD du coup on fait un bon duo delaboration de scenario, il amene la folie, moi la structure, on touille et cest rigolo. Ca me donne envie de me remettre a mes propres histoires, ecrire des trucs, prendre le temps, je sais pas par ou commencer. Jutiliserais pas le mot « art bloc » parce que je devellope des « art » differents davant, musique, sculpture sur bois, je suis pas en panne dexpression creative. Juste en panne dhistoires.

    (tiens cest marrant qund on a pas de blog pour raconter sa vie on peut le faire sur celui des autres XD)

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